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Islam des philosophes et des savants

HomeWelcomeJun 2, 2011

Mar 26, '12 4:35 AM
by Mathesis for everyone
Category:Other
http://knol.google.com/k/mahomet-et-l-origine-de-l-islam#

Mahomet et l'origine de l'islam
Mieux connaître Mahomet et le premier islam grâce aux méthodes historiques modernes
Cet article a été rendu possible par un certain nombre de travaux universitaires récents qui ont complètement renouvelé les connaissances sur les premières années de l’islam. Les principaux sont ceux de Michael Cook, de l’université de Londres, publié en 1980, d’Alfred-Louis de Prémare, de l’université d’Aix en Provence en France, publié en 2002, de Patricia Crone, de l’université de Princeton aux Etats-Unis, publiés en 2004, d’Edouard Marie Gallez, de l’université de Strasbourg en France, publié en 2005, de Christoph Luxenberg, de l’université de Nimègue en Allemagne, publiés en 2006.
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Anonyme. Mahomet et l'origine de l'islam :Mieux connaître Mahomet et le premier islam grâce aux méthodes historiques modernes [Internet]. Version 3. Knol. 2008 juil. 27. Disponible à l'adresse : http://knol.google.com/k/anonyme/mahomet-et-l-origine-de-l-islam/2ixhf6fwz08az/2
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Le plan de l’article




1 Il est difficile de connaître l’histoire des origines. Page 1

2 Les méthodes qui surmontent ces difficultés. Page 2

3 Avant Mahomet, un pré-islam. Page 3

4 Mahomet. Page 4

5 Les dix ans suivant la mort de Mahomet. Page 5

6 Quinze ans après la mort de Mahomet. Page 6

7 De quinze à cent cinquante ans après Mahomet. Page 7

8 De la collecte d’Othman à la fixation de l’écriture du Coran. Page 8

9 L’islam et le monde du 21ième siècle. Page 9







Page 1

Il est difficile de connaître l’histoire des origines




Les religions dans le monde moderne. Page 10

Depuis un siècle et demi, les écrits et l’histoire du judaïsme et du christianisme ont été scrutés par tous les moyens de la recherche historique. Les mêmes méthodes sont maintenant appliquées au Coran et à l’histoire de la formation de l’islam.




La rançon du succès. Page 11

L’islam s’est répandu dans les premiers siècles de son histoire par des guerres de conquête victorieuses. Comme l’histoire est toujours écrite essentiellement par les vainqueurs, les écrits historiques musulmans présentent une vue assez partiale.



Les documents historiques. Page 12
Les systèmes politiques fondés sur un corps d’idées ont été nombreux dans l’histoire du monde, et tous ont utilisé leur contrôle du pouvoir pour contrôler les idées et les écrits. L’empire islamique n’échappe pas à la règle.



Les documents disparus. Page 13

Les documents islamiques sur lesquels se fondent jusqu’ici la connaissance du premier islam et de la vie de Mahomet ont été mis par écrits plus de deux siècles après la mort de Mahomet, et les documents antérieurs ont tous disparus : la biographie de Mahomet par Ibn Hicham date de plus de deux cents ans après les faits, et la biographie par Ibn Ishaq, qui lui a servi de matériau, a disparu. Les cinq recueils de hadith principaux ont été mis par écrit plus de deux cent cinquante ans après les faits, alors que le premier recueil de hadith, fait en 712 sur ordre califal, a disparu, etc.




Page 2

Les méthodes qui surmontent ces difficultés




L’exégèse moderne. Page 14
Des méthodes nouvelles d’analyse des textes anciens ont été développées depuis 1850 en Europe. Ils ont été appliqués d’abord aux écrits juifs et chrétiens, et le sont maintenant aux écrits musulmans.



Des sources nouvelles. Page 15
Des textes en grec, latin, hébreu, arménien, géorgien, syriaque et persans ont été récemment recherchés, retrouvés et traduits. Ils donnent sur les débuts des l’islam des informations datant de 10 à 30 ans après les faits, et parfois sont contemporains des faits décrits.



Un pré-islam. Page 16
D’après la théologie musulmane, Mahomet fait suite à une longue suite de prophètes, et a fait un "rappel", rendu nécessaire parce que les hommes oublient. Il est concevable que les révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mahomet aient pu laisser des traces.

Les historiens des pays développés pensent que les systèmes d’idées nouveaux se développent à partir d’ébauches précédentes.

Dans les deux cas, il a pu exister une sorte de pré-islam, qu’il est intéressant de rechercher.



Les nouveaux outils. Page 17
Depuis la fin du vingtième siècle et le début du vingt et unième, des outils historiques nouveaux ont été développés, ou ont connu un usage plus large, pour compléter les documents historiques quand ils sont peu nombreux. Ce sont l’onomastique, la toponymie, l’épigraphie, la linguistique, la numismatique et l’archéologie. Ils ont fournis récemment une moisson de résultats qui éclairent l’histoire de Mahomet et celle du premier islam.




Une nouvelle voie de recherche. Page 18
Certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et second siècles. Il est éclairant d’examiner le cheminement de ces idées dans cette région du monde.





Page 3

Avant Mahomet, un pré-islam




Les traditions sur l’origine de l’islam. Page 19
Deux traditions attestées dans le Coran disent l’une que Mahomet a reçu le Coran en une seule fois, durant la "nuit du destin", l’autre de façon progressive, sur vingt trois ans. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, sont la même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint Esprit, est déclarée dans le Coran faite du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et bien d’autres de même sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs tradition différentes, comme bien des livres anciens, par exemple, dans la Bible, la Genèse et le livre d’Isaïe.




La formation du Messianisme dans la Palestine antique. Page 20
Les messianismes juifs, se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Les cinq idées centrales de leur théologie durèrent bien des siècles :

La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques.

La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev.

La troisième idée était la conquête de Jérusalem.

La quatrième était la libération complète de la Palestine juive.

La cinquième était la conquête du monde entier.

Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes.

Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles.




Les théologies judéo-chrétiennes. Page 21
Dans le vocabulaire des historiens des religions, les judéo-chrétiens ne sont pas l’ensemble des juifs et des chrétiens; ce sont des sectes nées dans les deux premiers siècles de notre ère, en transformant des idées juives et d’autres idées chrétiennes, de telle sorte qu’elles ne sont plus ni juives ni chrétiennes. Pour ces sectes, le Christ est un grand prophète, mais non un Dieu. Après avoir échappé à la crucifixion, il aurait été placé au ciel, en attendant de revenir pour mener une guerre de conquête mondiale, conduisant à établir une société parfaite, où tous les justes seraient heureux, tandis que les injustes deviendraient des esclaves ou des serviteurs au service des justes. Dans l’islam, le statut du Christ, le jihad et la situation des dhimmis sont proches de ces idées.



Le mouvement nazaréen. Page 22
Une secte, celle des nazaréens, a concentré les adeptes et les idées des judéo-chrétiens. On la trouve attestée de façon épisodique depuis un peu avant le début de notre ère jusqu’à 80 ans après la naissance de l’islam. Ils nommaient le Christ ‘Îsâ, comme, en dehors d’eux, seuls les musulmans le font.



La théologie nazaréenne. Page 23
Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes, toutes idées présentes dans l’islam. Leur nom, fondé sur la racine NZR, signifie les aides de Dieu. Il est très proche de celui d’ansar, fondé sur la racine très proche NSR, qui signifie les aides d’Allah. Ils enseignaient que lorsqu’ils auraient fait une émigration au désert, la conquête de Jérusalem et la reconstruction du Temple, le Christ reviendrait du ciel pour prendre la tête des armées nazaréennes et conquérir le monde.



Le nazaréisme est un pré-islam. Page 24
Un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se trouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis, et bien d’autre éléments.





Page 4

Mahomet




Les sources documentaires islamiques. Page 25
L’existence du Coran est attestée pour la première fois soixante-dix ans après la mort de Mahomet, et les traditions qui décrivent la collecte et l’histoire des Corans ne sont attestées que vers 750.[1]

L'histoire personnelle de Mahomet a été rédigée deux siècles après sa mort, sur ordre califal. Tous les documents qui ont servi de sources ont disparu.

Les hadiths, paroles ou actes de Mahomet, sont consignés dans des recueils mis par écrit deux siècles et demi après la mort de Mahomet. Cinq recueils sont tenus pour authentiques par les érudits de l’islam. Il contiennent ensemble environ 20.000 hadiths.




Les Qoreychites. Page 26

D’après les sources musulmanes sans divergence entre elles, et d’après les sources des peuples voisins, les Qoreychites avaient leur commerce et leur propriétés agricoles en Syrie et en Palestine. Il n’existe aucune attestation non musulmane, ni aucun ensemble d’attestations musulmanes sans divergences, qui indique une localisation dans la province de La Mecque. La toponymie indique que les Qoreychites vivaient en Syrie.



Waraka. Page 27

Waraka était un Qoreychite, membre de la tribu de MaHomet, devenu prêtre nazaréen un peu avant le début de l’islam. Il est décrit par les documents musulmans comme "un des chef et des guides des Qoreychites".

Quand il est mort, "la révélation s’est arrêtée", ce qui signifie que Mahomet n’a plus reçu de communication de l’ange Gabriel.

Mahomet a déclaré avoir vu Waraka au paradis. Pour l’islam, seuls les musulmans vont au paradis. Waraqa était nazaréen, Mahomet musulman, et Mahomet disait que tous deux étaient de l’unique bonne religion.




La vie de Mahomet de la naissance à l’hégire. Page 28
D’après Théophile d’Edesse, Mahomet est né et a vécu à Yathrib, plus tard renommé Médine par les musulmans.

D’après une attestation de Jacob d’Edesse, datant de 640, dix ans après les faits, et non plus de 200 comme pour les attestations musulmane, Mahomet effectuait à cette époque des raids dans la Palestine, et non une guerre avec les Mecquois.

De 614 à 622, Mahomet se joignit aux Perses qui avaient envahi la Palestine et battu les armées byzantines de l’empereur Héraclius.



L’hégire. Page 29
Des documents contemporains de Mahomet indiquent qu’en 622 ce dernier disposait d’armées nombreuses, et non de quelques convertis désarmés. En cette même année, Héraclius revint en vainqueur, et commença la reconquête de la région. Les adeptes armés de Mahomet durent se replier pour éviter les représailles qu’Héraclius appliqua aux alliés locaux des Perses. Ils se rassemblèrent à Médine, la ville de leur chef. L’hégire a concerné non 70 convertis fuyant les Mecquois, mais plusieurs milliers de combattants évitant les armées d’Héraclius.




La vie de Mahomet de l’hégire à sa mort. Page 30
Après 622, Mahomet continua à rallier les tribus arabes du nord, non celles de la région de La Mecque.

Le Pseudo-Sébéos, dix ans après les faits, indique que Mahomet ne parlait ni de l’ange Gabriel, ni de révélation, mais uniquement de la Tora telle que l’interprétaient les nazaréens.

En 629, les armées de Mahomet furent battues à Muta, près de la pointe sud de la Mer Morte, dans une tentative pour s’emparer de Jérusalem.

En 634, quatre attestations différentes indiquent que Mahomet commandait en chef lors de la bataille de Gaza, où les fidèles de Mahomet battirent les Byzantins, et s’emparèrent de Jérusalem.

Ces attestations datent d’une dizaine d’années après les faits, et ne sont pas compatibles avec l’histoire musulmane traditionnelle, fondée sur des documents datant de plus de deux siècles après les faits.




L’empreinte du nazaréisme juste après l’hégire. Page 31
Du vivant de Mahomet, et dans les 15 ans qui suivirent sa mort, les fidèles de Mahomet ne se donnaient pas le nom de musulmans, mais celui de mahgrâyê, un mot araméen et non arabe, qui signifie les émigrés, et qui n’a de sens que dans la théologie araméenne des nazaréens.

Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, vient de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. A l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens.





Page 5

Les dix ans suivant la mort de Mahomet




Les nazaréens. Page 32
En 644 eut lieu une controverse entre le patriarche jacobite Jean 1er et l'émir Amru bar Sa’d, [2] gouverneur de Homs, en Syrie, ancien compagnon de Mahomet. Le patriarche a rédigé leur discussion, et cet écrit nous est parvenu. [3]

L'émir, violemment anti-chrétien, s'efforça de convaincre le patriarche de se rallier à la religion de l'armée arabe, et d'entraîner avec lui ses ouailles. Il est remarquable que, dans tout le cours de la controverse, pas une fois l'émir ne mentionne ni le Coran, ni Mahomet, ni l’islam. Son but fut de convaincre le patriarche que le Christ était certes un prophète, mais non pas Dieu. Il utilise les arguments des nazaréens, non ceux des musulmans.







­Page 6

Quinze ans après la mort de Mahomet



La naissance de l’islam. Page 33

Dix à quinze ans après la mort de Mahomet, mahgrâyês a été traduit par muhâjirûn, émigrés en arabe, et pour le demi siècle suivant, dans l’usage courant, les convertis de Mahomet ont porté les deux noms. [4] Quand le terme de musulman est apparu, vers 720 dans l’usage officiel, l’usage courant est pourtant resté longtemps le mot araméen initial.

Aujourd’hui, il semble surréaliste que des juifs et des musulmans aient pu collaborer en bonne intelligence pour rebâtir ensemble le Temple de Salomon sur l’Esplanade de Jérusalem. Pourtant, il y eut une époque, où pendant une quinzaine d'années environ, de 634 à 650, des juifs et des Arabes collaborèrent, et construisirent ensemble un nouveau Saint des Saints du Temple de Salomon.

C’est encore à cette date, vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran.

Ces signes, et quelques autres, manifestent un changement radical dans la religion des adeptes de Mahomet. L’analyse détaillée montre que ce changement est la formation de l’islam.





Page 7

De quinze à cent cinquante ans après Mahomet




Mahomet, l’islam et les musulmans. Page 34

La première attestation de Mahomet comme prophète se trouve sur une pièce de monnaie frappée en 685 à Bishapur. Le papyrus de Khirbet el Mird, vers 720, montre qu’à cette époque Mahomet n’inspirait aucun respect particulier. Mahomet n’a été considéré comme le prophète fondateur que plus d’un siècle après sa mort.

Le mot de musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement.

La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens




La chahada. Page 35

La première forme de la chahada a pu être reconstituée à partir de graffiti et des premières épigraphes arabes non officielles, presque toujours gravées sur pierre. Voici le texte : [5]

"Je témoigne qu'il n'y a de dieu que dieu, pas d'associé à lui."

Cette forme est nazaréenne, et vient de la Bible. Entre 690 et 740, il y a eu deux attestations, Mahomet est son prophète, et le Christ est son prophète.

La forme actuelle de la chahada, il n'y a de dieu que dieu, et Mahomet est son prophète ne devient exclusive que vers 735 à 740.




Le changement de qibla. Page 36

C’est la direction vers laquelle se fait la prière. Les adeptes de Mahomet prièrent d'abord en direction de Jérusalem, puis de la Mecque. Jérusalem était la direction de la prière pour les juifs et pour les nazaréens.
L’usage initial de la direction vers Jérusalem fut expliqué par l’histoire de Bouraq, qui fait intervenir l’Esplanade du Temple. Or le Dôme du Roc, bâti en 691 sur cette Esplanade, ne fait pas état de cette histoire. Le changement de qibla s’est fait quand l’histoire explicatrice est apparue, donc après 691, et non du vivant de Mahomet.




Le massacre des juifs. Page 37

D'après la Sira d’Ibn Hichâm, Mahomet aurait massacré une tribu juive de Yathrib, les Qorayza, expulsé et dépouillé deux autres, les Banou Nadir et les Qaynoqa.

Il n'existe aucune source non musulmane, ni littéraire, ni archéologique, ni épigraphique qui fasse état de ces trois tribus et, les documents judaïques de l’époque qui détaillent les implantations juives au Proche-Orient ne mentionnent jamais Yathrib.



La Mecque. Page 38

L'ouvrage de référence sur l'origine de La Mecque est celui de Patricia Crone, une islamologue danoise qui enseigne dans les universités de Cambridge et de Princeton.

Avant l’islam, aucun géographe de l’antiquité ne mentionne La Mecque, ni directement, ni indirectement, ni sous le nom de La Mecque, ni sous un nom même vaguement ressemblant.

D’après l’histoire califale, elle tirait sa subsistance du commerce international et des pèlerinages. Le commerce allégué n'est mentionné que dans les documents califaux. S'agissant d'un commerce international, on devrait en parler aussi dans les pays de destination, ce qui n'est jamais le cas.





Page 8

De la collecte d’Othman à la fixation de l’écriture du Coran




Le Coran selon l’islam. Page 39
D’après les théologiens musulmans, il vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain.

Mahomet l’a récité alors qu’il était analphabète.

Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé.

Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges.



Les difficultés de l’histoire califale du Coran. Page 40
L'alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mahomet que trois voyelles longues a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture est nommée scriptio defectiva. Elle est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte.

Le Coran a été primitivement en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible.

Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran.

L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale.



Le Coran et l’araméen. Page 41
A l’époque de Mahomet, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin.

Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin.




Des idées coraniques antérieures à l’islam. Page 42
Le manichéisme, une religion née au troisième siècle, contient de très nombreux concepts présents dans l’islam. D’autres idées, la Table Gardée, le Coran incréé, Allah parlant arabe aux anges avant la fondation du monde, se trouvent dans des légendes populaires juives ou chrétiennes.




Les facilités offertes par certains versets du Coran. Page 43
Les califes Omeyyades et Abbassides et leur cour pratiquaient ce que le Coran attribue à Mahomet, l’accaparement du butin, d'innombrables concubines, des épouses impubères, et même les épouses de leur propres fils. Il est significatif que les versets qui ordonnent à Mahomet de prendre pour lui Zaynab, l’épouse de son fils adoptif Zaïd, déclarent que Mahomet doit se saisir de cette femme afin que les générations futures sachent qu'un tel acte est permis. [6]

L’écriture du Coran sous le contrôle des califes leur offrait la possibilité d’y placer d’abord un verset déclarant que Mahomet est un modèle pour tous les temps et tous les hommes, puis des versets attribuant à Mahomet les actes qu’ils voulaient pratiquer.




Les strates successives. Page 44
Le plus ancien texte qui décrit la foi musulmane est le Fiqh Akbar 1, écrit vers 750, plus d’un siècle après la mort de Mahomet. Il présente les vues de l’orthodoxie islamique sur les questions qui se posaient alors en matière juridique et ne fait aucune allusion au Coran. Cela signifie que les 800 versets fixant des règles juridiques, qui se trouvent dans les Corans d’aujourd’hui, étaient absents des Corans de 750.

Bien d’autres éléments indiquent une rédaction du Coran étalée au fil d’une durée de deux siècles environ.




Du lectionnaire au Coran. Page 45
Il est remarquable que pendant les deux premiers siècles de l’islam, la destruction des documents originaux relatifs au Coran ait été faite ouvertement par les califes : les tout premiers documents originaux sur des supports de fortune, les notes d’Hafça, une des épouses de Mahomet, les Corans dissidents détruits par Hajjâj en 692, etc. Les notes de Fatima, la fille de Mahomet, ont disparu, ainsi que de nombreux documents cités dans des documents ultérieurs, mais dont on ne retrouve rien.





Page 9

L’islam et le monde du 21ième siècle. Page 46




Il y a cent cinquante ans, les exégètes ont appliqué pour la première fois les méthodes modernes au Coran. Au cours des années suivantes, l’approche scientifique a été appliquée à des éléments de plus en plus nombreux, l’histoire des idées dans cette partie du monde, la ville de La Mecque, l’histoire de l’islam initial, la vie de Mahomet. Les outils scientifiques sont devenus plus variés et plus puissants.

Au début du vingt et unième siècle, les pièces du puzzle sont devenues assez nombreuses pour permettre l’assemblage. C’est cette image qui apparaît dans ce site. Elle se précisera avec l’accumulation de nouveaux travaux, qui continue à un rythme jamais atteint dans le passé.
Le monde du vingt et unième siècle dans lequel vit aujourd’hui l’islam est radicalement différent de ce qu’il a été durant les millénaires passés. C’est dans ce monde nouveau que l’islam doit vivre. Le rapport au monde moderne est le problème central de l’islam d’aujourd’hui.

L’affrontement décisif se déroule dans la tête des musulmans, non entre eux et le reste du monde. Il ressemble plus à une guerre civile à l’intérieur de chaque personne qu’à une guerre extérieure. Le monde moderne n’assiège pas l’islam, il a déjà commencé à envahir l’intériorité de chaque musulmane, de chaque musulman.

Le choix du monde mental dans lequel chacun veut vivre se forme dans le for intérieur de chacune et chacun, aucune personne extérieure ne peut intervenir, car il dépend du mystère fondateur de la personne humaine, celui de la liberté. Après s’être informé, ou sans même s’informer, chacune et chacun est en ce domaine sa propre lumière et son propre recours, et voit s’imprimer dans son être les conséquences de son choix : il ou elle devient ce que son choix le fait devenir.



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[1] Patricia Crone et Michael Cook, opus cit.. écu

[2] D’après Tabari, cité par Patrica Crone et Michale Cook, opus cit. C’est le même personnage que Umayr Ibn. Sa’d al-Ansari ; tout deux étaient gouverneurs à la fois d’Homs et de Damas, ce qui est très inhabituel, et ils l’étaient dans la même période.

[3] François Nau, Un colloque du Patriarche Jean, in Journal Asiatique, 1915.

[4] Robert G. Hoyland, Seeing islam as others saw it. A survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian writing on early islam, Princeton, the Darwin Press.

[5] Solange Ory, Aspect religieux des textes épigraphies du début de l’islam, in REMMM, Aix en Provence, N° 58, Edisud, 1990.

[6] Sourate 33, verset 37.




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[1] Certaines traditions califales joignent un sixième recueil à ces cinq.

NoteMar 26, '12 4:33 AM
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Le plan de l’article




1 Il est difficile de connaître l’histoire des origines. Page 1

2 Les méthodes qui surmontent ces difficultés. Page 2

3 Avant Mahomet, un pré-islam. Page 3

4 Mahomet. Page 4

5 Les dix ans suivant la mort de Mahomet. Page 5

6 Quinze ans après la mort de Mahomet. Page 6

7 De quinze à cent cinquante ans après Mahomet. Page 7

8 De la collecte d’Othman à la fixation de l’écriture du Coran. Page 8

9 L’islam et le monde du 21ième siècle. Page 9







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Il est difficile de connaître l’histoire des origines




Les religions dans le monde moderne. Page 10

Depuis un siècle et demi, les écrits et l’histoire du judaïsme et du christianisme ont été scrutés par tous les moyens de la recherche historique. Les mêmes méthodes sont maintenant appliquées au Coran et à l’histoire de la formation de l’islam.




La rançon du succès. Page 11

L’islam s’est répandu dans les premiers siècles de son histoire par des guerres de conquête victorieuses. Comme l’histoire est toujours écrite essentiellement par les vainqueurs, les écrits historiques musulmans présentent une vue assez partiale.



Les documents historiques. Page 12
Les systèmes politiques fondés sur un corps d’idées ont été nombreux dans l’histoire du monde, et tous ont utilisé leur contrôle du pouvoir pour contrôler les idées et les écrits. L’empire islamique n’échappe pas à la règle.



Les documents disparus. Page 13

Les documents islamiques sur lesquels se fondent jusqu’ici la connaissance du premier islam et de la vie de Mahomet ont été mis par écrits plus de deux siècles après la mort de Mahomet, et les documents antérieurs ont tous disparus : la biographie de Mahomet par Ibn Hicham date de plus de deux cents ans après les faits, et la biographie par Ibn Ishaq, qui lui a servi de matériau, a disparu. Les cinq recueils de hadith principaux ont été mis par écrit plus de deux cent cinquante ans après les faits, alors que le premier recueil de hadith, fait en 712 sur ordre califal, a disparu, etc.




Page 2

Les méthodes qui surmontent ces difficultés




L’exégèse moderne. Page 14
Des méthodes nouvelles d’analyse des textes anciens ont été développées depuis 1850 en Europe. Ils ont été appliqués d’abord aux écrits juifs et chrétiens, et le sont maintenant aux écrits musulmans.



Des sources nouvelles. Page 15
Des textes en grec, latin, hébreu, arménien, géorgien, syriaque et persans ont été récemment recherchés, retrouvés et traduits. Ils donnent sur les débuts des l’islam des informations datant de 10 à 30 ans après les faits, et parfois sont contemporains des faits décrits.



Un pré-islam. Page 16
D’après la théologie musulmane, Mahomet fait suite à une longue suite de prophètes, et a fait un "rappel", rendu nécessaire parce que les hommes oublient. Il est concevable que les révélations faites aux prophètes prédécesseurs de Mahomet aient pu laisser des traces.

Les historiens des pays développés pensent que les systèmes d’idées nouveaux se développent à partir d’ébauches précédentes.

Dans les deux cas, il a pu exister une sorte de pré-islam, qu’il est intéressant de rechercher.



Les nouveaux outils. Page 17
Depuis la fin du vingtième siècle et le début du vingt et unième, des outils historiques nouveaux ont été développés, ou ont connu un usage plus large, pour compléter les documents historiques quand ils sont peu nombreux. Ce sont l’onomastique, la toponymie, l’épigraphie, la linguistique, la numismatique et l’archéologie. Ils ont fournis récemment une moisson de résultats qui éclairent l’histoire de Mahomet et celle du premier islam.




Une nouvelle voie de recherche. Page 18
Certaines idées présentes dans l’islam d’aujourd’hui sont également présentes dans les sectes millénaristes et messianiques du Proche Orient, aux premier et second siècles. Il est éclairant d’examiner le cheminement de ces idées dans cette région du monde.





Page 3

Avant Mahomet, un pré-islam




Les traditions sur l’origine de l’islam. Page 19
Deux traditions attestées dans le Coran disent l’une que Mahomet a reçu le Coran en une seule fois, durant la "nuit du destin", l’autre de façon progressive, sur vingt trois ans. Dans le Coran, Myriam, sœur d’Aaron, et Marie, mère du Christ, sont la même personne, alors que 1.200 ans les séparent. La Trinité, formée pour les chrétiens du Père, du Christ et du Saint Esprit, est déclarée dans le Coran faite du Père, du Christ, et de Marie. Ces éléments, et bien d’autres de même sorte, font penser que le Coran est formé de plusieurs tradition différentes, comme bien des livres anciens, par exemple, dans la Bible, la Genèse et le livre d’Isaïe.




La formation du Messianisme dans la Palestine antique. Page 20
Les messianismes juifs, se sont formés en trois siècles, de 180 avant notre ère à 150 après. Les cinq idées centrales de leur théologie durèrent bien des siècles :

La première est celle d’une guerre menée pour des raisons théologiques.

La seconde est celle d’émigration : les Justes devaient d’abord aller au désert, reproduisant l’Exode de Moïse au Néguev.

La troisième idée était la conquête de Jérusalem.

La quatrième était la libération complète de la Palestine juive.

La cinquième était la conquête du monde entier.

Alors que les quatre premières étaient tout à fait générales dans les mouvements messianiques juifs, la dernière n’était acceptée que par une partie des adeptes.

Les deux premières idées sont proches de celles de l’islam, et la cinquième reste un rêve que les musulmans ont poursuivi pendant quatorze siècles.




Les théologies judéo-chrétiennes. Page 21
Dans le vocabulaire des historiens des religions, les judéo-chrétiens ne sont pas l’ensemble des juifs et des chrétiens; ce sont des sectes nées dans les deux premiers siècles de notre ère, en transformant des idées juives et d’autres idées chrétiennes, de telle sorte qu’elles ne sont plus ni juives ni chrétiennes. Pour ces sectes, le Christ est un grand prophète, mais non un Dieu. Après avoir échappé à la crucifixion, il aurait été placé au ciel, en attendant de revenir pour mener une guerre de conquête mondiale, conduisant à établir une société parfaite, où tous les justes seraient heureux, tandis que les injustes deviendraient des esclaves ou des serviteurs au service des justes. Dans l’islam, le statut du Christ, le jihad et la situation des dhimmis sont proches de ces idées.



Le mouvement nazaréen. Page 22
Une secte, celle des nazaréens, a concentré les adeptes et les idées des judéo-chrétiens. On la trouve attestée de façon épisodique depuis un peu avant le début de notre ère jusqu’à 80 ans après la naissance de l’islam. Ils nommaient le Christ ‘Îsâ, comme, en dehors d’eux, seuls les musulmans le font.



La théologie nazaréenne. Page 23
Les nazaréens pratiquaient la circoncision, la polygamie limitée à 4 épouses, décrivaient un paradis où les élus trouveraient des aliments délicieux, des boissons agréables et des femmes, toutes idées présentes dans l’islam. Leur nom, fondé sur la racine NZR, signifie les aides de Dieu. Il est très proche de celui d’ansar, fondé sur la racine très proche NSR, qui signifie les aides d’Allah. Ils enseignaient que lorsqu’ils auraient fait une émigration au désert, la conquête de Jérusalem et la reconstruction du Temple, le Christ reviendrait du ciel pour prendre la tête des armées nazaréennes et conquérir le monde.



Le nazaréisme est un pré-islam. Page 24
Un grand nombre de thèses, de conceptions, de dogmes nazaréens se trouvent à l’identique dans l’islam d’aujourd’hui : ‘Îsâ, le nom de Jésus, le statut du Christ, les récits de l’enfance de Marie, la confusion entre Marie et Myriam, le statut des femmes, la Trinité formée du Père, du Christ et de Marie, la conception du paradis, le vin, interdit sur terre mais présent en fleuves entiers au paradis, et bien d’autre éléments.





Page 4

Mahomet




Les sources documentaires islamiques. Page 25
L’existence du Coran est attestée pour la première fois soixante-dix ans après la mort de Mahomet, et les traditions qui décrivent la collecte et l’histoire des Corans ne sont attestées que vers 750.[1]

L'histoire personnelle de Mahomet a été rédigée deux siècles après sa mort, sur ordre califal. Tous les documents qui ont servi de sources ont disparu.

Les hadiths, paroles ou actes de Mahomet, sont consignés dans des recueils mis par écrit deux siècles et demi après la mort de Mahomet. Cinq recueils sont tenus pour authentiques par les érudits de l’islam. Il contiennent ensemble environ 20.000 hadiths.




Les Qoreychites. Page 26

D’après les sources musulmanes sans divergence entre elles, et d’après les sources des peuples voisins, les Qoreychites avaient leur commerce et leur propriétés agricoles en Syrie et en Palestine. Il n’existe aucune attestation non musulmane, ni aucun ensemble d’attestations musulmanes sans divergences, qui indique une localisation dans la province de La Mecque. La toponymie indique que les Qoreychites vivaient en Syrie.



Waraka. Page 27

Waraka était un Qoreychite, membre de la tribu de MaHomet, devenu prêtre nazaréen un peu avant le début de l’islam. Il est décrit par les documents musulmans comme "un des chef et des guides des Qoreychites".

Quand il est mort, "la révélation s’est arrêtée", ce qui signifie que Mahomet n’a plus reçu de communication de l’ange Gabriel.

Mahomet a déclaré avoir vu Waraka au paradis. Pour l’islam, seuls les musulmans vont au paradis. Waraqa était nazaréen, Mahomet musulman, et Mahomet disait que tous deux étaient de l’unique bonne religion.




La vie de Mahomet de la naissance à l’hégire. Page 28
D’après Théophile d’Edesse, Mahomet est né et a vécu à Yathrib, plus tard renommé Médine par les musulmans.

D’après une attestation de Jacob d’Edesse, datant de 640, dix ans après les faits, et non plus de 200 comme pour les attestations musulmane, Mahomet effectuait à cette époque des raids dans la Palestine, et non une guerre avec les Mecquois.

De 614 à 622, Mahomet se joignit aux Perses qui avaient envahi la Palestine et battu les armées byzantines de l’empereur Héraclius.



L’hégire. Page 29
Des documents contemporains de Mahomet indiquent qu’en 622 ce dernier disposait d’armées nombreuses, et non de quelques convertis désarmés. En cette même année, Héraclius revint en vainqueur, et commença la reconquête de la région. Les adeptes armés de Mahomet durent se replier pour éviter les représailles qu’Héraclius appliqua aux alliés locaux des Perses. Ils se rassemblèrent à Médine, la ville de leur chef. L’hégire a concerné non 70 convertis fuyant les Mecquois, mais plusieurs milliers de combattants évitant les armées d’Héraclius.




La vie de Mahomet de l’hégire à sa mort. Page 30
Après 622, Mahomet continua à rallier les tribus arabes du nord, non celles de la région de La Mecque.

Le Pseudo-Sébéos, dix ans après les faits, indique que Mahomet ne parlait ni de l’ange Gabriel, ni de révélation, mais uniquement de la Tora telle que l’interprétaient les nazaréens.

En 629, les armées de Mahomet furent battues à Muta, près de la pointe sud de la Mer Morte, dans une tentative pour s’emparer de Jérusalem.

En 634, quatre attestations différentes indiquent que Mahomet commandait en chef lors de la bataille de Gaza, où les fidèles de Mahomet battirent les Byzantins, et s’emparèrent de Jérusalem.

Ces attestations datent d’une dizaine d’années après les faits, et ne sont pas compatibles avec l’histoire musulmane traditionnelle, fondée sur des documents datant de plus de deux siècles après les faits.




L’empreinte du nazaréisme juste après l’hégire. Page 31
Du vivant de Mahomet, et dans les 15 ans qui suivirent sa mort, les fidèles de Mahomet ne se donnaient pas le nom de musulmans, mais celui de mahgrâyê, un mot araméen et non arabe, qui signifie les émigrés, et qui n’a de sens que dans la théologie araméenne des nazaréens.

Le nom de Médine, d’après les documents musulmans, vient de madina ar-rasul Allah, la ville du messager d’Allah. Cette étymologie en langue arabe est proposée par l’islam plus de 200 ans après les faits. A l’époque, madina ne signifiait pas ville, mais région. Ville se disait qura. Des textes datant de 30 ans après les faits indiquent une autre étymologie, à partir de l’araméen, impliquant les nazaréens.





Page 5

Les dix ans suivant la mort de Mahomet




Les nazaréens. Page 32
En 644 eut lieu une controverse entre le patriarche jacobite Jean 1er et l'émir Amru bar Sa’d, [2] gouverneur de Homs, en Syrie, ancien compagnon de Mahomet. Le patriarche a rédigé leur discussion, et cet écrit nous est parvenu. [3]

L'émir, violemment anti-chrétien, s'efforça de convaincre le patriarche de se rallier à la religion de l'armée arabe, et d'entraîner avec lui ses ouailles. Il est remarquable que, dans tout le cours de la controverse, pas une fois l'émir ne mentionne ni le Coran, ni Mahomet, ni l’islam. Son but fut de convaincre le patriarche que le Christ était certes un prophète, mais non pas Dieu. Il utilise les arguments des nazaréens, non ceux des musulmans.







­Page 6

Quinze ans après la mort de Mahomet



La naissance de l’islam. Page 33

Dix à quinze ans après la mort de Mahomet, mahgrâyês a été traduit par muhâjirûn, émigrés en arabe, et pour le demi siècle suivant, dans l’usage courant, les convertis de Mahomet ont porté les deux noms. [4] Quand le terme de musulman est apparu, vers 720 dans l’usage officiel, l’usage courant est pourtant resté longtemps le mot araméen initial.

Aujourd’hui, il semble surréaliste que des juifs et des musulmans aient pu collaborer en bonne intelligence pour rebâtir ensemble le Temple de Salomon sur l’Esplanade de Jérusalem. Pourtant, il y eut une époque, où pendant une quinzaine d'années environ, de 634 à 650, des juifs et des Arabes collaborèrent, et construisirent ensemble un nouveau Saint des Saints du Temple de Salomon.

C’est encore à cette date, vers 650, que des collectes ont été faites pour constituer le Coran.

Ces signes, et quelques autres, manifestent un changement radical dans la religion des adeptes de Mahomet. L’analyse détaillée montre que ce changement est la formation de l’islam.





Page 7

De quinze à cent cinquante ans après Mahomet




Mahomet, l’islam et les musulmans. Page 34

La première attestation de Mahomet comme prophète se trouve sur une pièce de monnaie frappée en 685 à Bishapur. Le papyrus de Khirbet el Mird, vers 720, montre qu’à cette époque Mahomet n’inspirait aucun respect particulier. Mahomet n’a été considéré comme le prophète fondateur que plus d’un siècle après sa mort.

Le mot de musulman apparaît pour la première fois sur le Dôme du roc, en 691, il entre dans l’usage officiel vers 720, il est utilisé sur une monnaie pour la première fois en 768, et sur papyrus en 775 seulement.

La recherche linguistique montre que les mots islam et musulman ne viennent pas de l’arabe, mais de l’araméen, la langue des nazaréens




La chahada. Page 35

La première forme de la chahada a pu être reconstituée à partir de graffiti et des premières épigraphes arabes non officielles, presque toujours gravées sur pierre. Voici le texte : [5]

"Je témoigne qu'il n'y a de dieu que dieu, pas d'associé à lui."

Cette forme est nazaréenne, et vient de la Bible. Entre 690 et 740, il y a eu deux attestations, Mahomet est son prophète, et le Christ est son prophète.

La forme actuelle de la chahada, il n'y a de dieu que dieu, et Mahomet est son prophète ne devient exclusive que vers 735 à 740.




Le changement de qibla. Page 36

C’est la direction vers laquelle se fait la prière. Les adeptes de Mahomet prièrent d'abord en direction de Jérusalem, puis de la Mecque. Jérusalem était la direction de la prière pour les juifs et pour les nazaréens.
L’usage initial de la direction vers Jérusalem fut expliqué par l’histoire de Bouraq, qui fait intervenir l’Esplanade du Temple. Or le Dôme du Roc, bâti en 691 sur cette Esplanade, ne fait pas état de cette histoire. Le changement de qibla s’est fait quand l’histoire explicatrice est apparue, donc après 691, et non du vivant de Mahomet.




Le massacre des juifs. Page 37

D'après la Sira d’Ibn Hichâm, Mahomet aurait massacré une tribu juive de Yathrib, les Qorayza, expulsé et dépouillé deux autres, les Banou Nadir et les Qaynoqa.

Il n'existe aucune source non musulmane, ni littéraire, ni archéologique, ni épigraphique qui fasse état de ces trois tribus et, les documents judaïques de l’époque qui détaillent les implantations juives au Proche-Orient ne mentionnent jamais Yathrib.



La Mecque. Page 38

L'ouvrage de référence sur l'origine de La Mecque est celui de Patricia Crone, une islamologue danoise qui enseigne dans les universités de Cambridge et de Princeton.

Avant l’islam, aucun géographe de l’antiquité ne mentionne La Mecque, ni directement, ni indirectement, ni sous le nom de La Mecque, ni sous un nom même vaguement ressemblant.

D’après l’histoire califale, elle tirait sa subsistance du commerce international et des pèlerinages. Le commerce allégué n'est mentionné que dans les documents califaux. S'agissant d'un commerce international, on devrait en parler aussi dans les pays de destination, ce qui n'est jamais le cas.





Page 8

De la collecte d’Othman à la fixation de l’écriture du Coran




Le Coran selon l’islam. Page 39
D’après les théologiens musulmans, il vient directement d’Allah, il n’a pas changé d’une seule lettre depuis qu’il a été mis par écrit, et sa langue est si somptueusement poétique qu’elle est inimitable par aucun humain.

Mahomet l’a récité alors qu’il était analphabète.

Avant que le monde ne soit créé, le Coran était déjà présent, ce que la théologie musulmane exprime en disant que le Coran est incréé.

Le Coran est en arabe depuis avant la fondation du monde parce qu’Allah parle arabe avec les anges.



Les difficultés de l’histoire califale du Coran. Page 40
L'alphabet arabe ne comportait à l’époque de Mahomet que trois voyelles longues a, i, u, et ne faisait pas la différence entre certaines consonnes. Cette écriture est nommée scriptio defectiva. Elle est indéchiffrable, et ne peut servir que d’aide mémoire à ceux qui connaissent déjà le texte.

Le Coran a été primitivement en scriptio defectiva. Vers 850, deux siècles après les collectes, des grammairiens perses qui ignoraient la culture arabe ont fait des conjectures pour passer en scriptio plena, afin de rendre le Coran compréhensible.

Cela n’a pas suffi. Il a fallu y ajouter d’autres conjectures sur le sens des passages obscurs, qui concernent environ 30% du Coran.

L’édition actuelle du Coran est celle du Caire, faite en 1926. Il a fallu 1 300 ans pour la mettre au point. C’est une traduction en arabe classique d’un texte qui est incompréhensible sous sa forme originale.



Le Coran et l’araméen. Page 41
A l’époque de Mahomet, l’arabe n’était pas une langue de culture, ni une langue internationale. Depuis plus de mille ans, dans tout le Proche Orient, la langue de culture était l’araméen. Les lettrés arabes, peu nombreux, parlaient en arabe et écrivaient en araméen. La situation était comparable à celle de l’Europe de la même époque, où les lettrés parlaient dans leur langue locale et écrivaient en latin.

Les difficultés du Coran s’éclairent si on cherche le sens à partir de l’araméen. Le Coran n’est pas écrit en arabe pur, mais en un arabe aussi chargé d’araméen que, par exemple, l’allemand est chargé de latin.




Des idées coraniques antérieures à l’islam. Page 42
Le manichéisme, une religion née au troisième siècle, contient de très nombreux concepts présents dans l’islam. D’autres idées, la Table Gardée, le Coran incréé, Allah parlant arabe aux anges avant la fondation du monde, se trouvent dans des légendes populaires juives ou chrétiennes.




Les facilités offertes par certains versets du Coran. Page 43
Les califes Omeyyades et Abbassides et leur cour pratiquaient ce que le Coran attribue à Mahomet, l’accaparement du butin, d'innombrables concubines, des épouses impubères, et même les épouses de leur propres fils. Il est significatif que les versets qui ordonnent à Mahomet de prendre pour lui Zaynab, l’épouse de son fils adoptif Zaïd, déclarent que Mahomet doit se saisir de cette femme afin que les générations futures sachent qu'un tel acte est permis. [6]

L’écriture du Coran sous le contrôle des califes leur offrait la possibilité d’y placer d’abord un verset déclarant que Mahomet est un modèle pour tous les temps et tous les hommes, puis des versets attribuant à Mahomet les actes qu’ils voulaient pratiquer.




Les strates successives. Page 44
Le plus ancien texte qui décrit la foi musulmane est le Fiqh Akbar 1, écrit vers 750, plus d’un siècle après la mort de Mahomet. Il présente les vues de l’orthodoxie islamique sur les questions qui se posaient alors en matière juridique et ne fait aucune allusion au Coran. Cela signifie que les 800 versets fixant des règles juridiques, qui se trouvent dans les Corans d’aujourd’hui, étaient absents des Corans de 750.

Bien d’autres éléments indiquent une rédaction du Coran étalée au fil d’une durée de deux siècles environ.




Du lectionnaire au Coran. Page 45
Il est remarquable que pendant les deux premiers siècles de l’islam, la destruction des documents originaux relatifs au Coran ait été faite ouvertement par les califes : les tout premiers documents originaux sur des supports de fortune, les notes d’Hafça, une des épouses de Mahomet, les Corans dissidents détruits par Hajjâj en 692, etc. Les notes de Fatima, la fille de Mahomet, ont disparu, ainsi que de nombreux documents cités dans des documents ultérieurs, mais dont on ne retrouve rien.





Page 9

L’islam et le monde du 21ième siècle. Page 46




Il y a cent cinquante ans, les exégètes ont appliqué pour la première fois les méthodes modernes au Coran. Au cours des années suivantes, l’approche scientifique a été appliquée à des éléments de plus en plus nombreux, l’histoire des idées dans cette partie du monde, la ville de La Mecque, l’histoire de l’islam initial, la vie de Mahomet. Les outils scientifiques sont devenus plus variés et plus puissants.

Au début du vingt et unième siècle, les pièces du puzzle sont devenues assez nombreuses pour permettre l’assemblage. C’est cette image qui apparaît dans ce site. Elle se précisera avec l’accumulation de nouveaux travaux, qui continue à un rythme jamais atteint dans le passé.
Le monde du vingt et unième siècle dans lequel vit aujourd’hui l’islam est radicalement différent de ce qu’il a été durant les millénaires passés. C’est dans ce monde nouveau que l’islam doit vivre. Le rapport au monde moderne est le problème central de l’islam d’aujourd’hui.

L’affrontement décisif se déroule dans la tête des musulmans, non entre eux et le reste du monde. Il ressemble plus à une guerre civile à l’intérieur de chaque personne qu’à une guerre extérieure. Le monde moderne n’assiège pas l’islam, il a déjà commencé à envahir l’intériorité de chaque musulmane, de chaque musulman.

Le choix du monde mental dans lequel chacun veut vivre se forme dans le for intérieur de chacune et chacun, aucune personne extérieure ne peut intervenir, car il dépend du mystère fondateur de la personne humaine, celui de la liberté. Après s’être informé, ou sans même s’informer, chacune et chacun est en ce domaine sa propre lumière et son propre recours, et voit s’imprimer dans son être les conséquences de son choix : il ou elle devient ce que son choix le fait devenir.



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[1] Patricia Crone et Michael Cook, opus cit.. écu

[2] D’après Tabari, cité par Patrica Crone et Michale Cook, opus cit. C’est le même personnage que Umayr Ibn. Sa’d al-Ansari ; tout deux étaient gouverneurs à la fois d’Homs et de Damas, ce qui est très inhabituel, et ils l’étaient dans la même période.

[3] François Nau, Un colloque du Patriarche Jean, in Journal Asiatique, 1915.

[4] Robert G. Hoyland, Seeing islam as others saw it. A survey and evaluation of Christian, Jewish and Zoroastrian writing on early islam, Princeton, the Darwin Press.

[5] Solange Ory, Aspect religieux des textes épigraphies du début de l’islam, in REMMM, Aix en Provence, N° 58, Edisud, 1990.

[6] Sourate 33, verset 37.




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[1] Certaines traditions califales joignent un sixième recueil à ces cinq.









Blog EntryJan 7, '12 10:05 AM
by Mathesis for everyone

Alphabetic Primalogy System

Having failed to find any prime number results with the original Abjed numerology system, a new system was proposed that assigns prime values to the Abjed Arabic letters but even that did not work and instead we used the modern Alphabetic order (not the Abjed order) as shown in the table below to produce the positive results:

Alphabetic Primalogy System

 

http://www.quranwonders.com/taxonomy/term/2


NoteJan 3, '12 10:00 AM
by Mathesis for everyone
les nombres de fibonacci divisibles par 19 ont pour index (en dessous de 100) :

19 , 37 , 55 et 73

http://people.hws.edu/ahmed/fibonaccipdf.pdf









Pages:12
Islam des philosophes et des savants
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